Des chevaux à la première souffleuse : l’histoire du déneigement à Montréal
Le défi auquel sont confrontées les équipes de déneigement de la Ville de Montréal cette semaine est sans précédent : deux grosses tempêtes consécutives ont laissé plus de 70 centimètres de neige à déblayer. Mais une question se pose : comment faisions-nous à l'époque, alors que la technologie n'était pas aussi développée qu'aujourd'hui? Jusqu'au début du XXe siècle, la Ville devait compter sur des charrues tirées par des chevaux, et souvent, sur des personnes et leurs pelles, pour déblayer la neige. Dans certains cas, la neige n'était pas enlevée du tout, comme le montrent des photos d'archives. Selon Yves Laberge, historien et sociologue à l'Université d'Ottawa, les rues des petites villes et les routes des zones rurales étaient souvent fermées à la circulation pendant les mois d'hiver jusqu'à la fin des années 1920, voire jusqu'au début des années 1930. La rue Saint-Philippe dans le quartier Saint-Henri, à Montréal, en 1972, à une époque où les petites rues restaient régulièrement non déneigées pendant des jours. Photo : Archives de la Ville de Montréal Dans le Québec rural, il y avait des endroits et des villages très isolés les uns des autres. Du milieu des années 1800 jusqu'au tournant du siècle, les habitants de Montréal étaient responsables de déneiger le trottoir devant leur résidence, mais également de la route. C'est en 1905 que la situation a changé, lorsque la Ville a pris les choses en main. À l'époque, des ouvriers étaient engagés pour déblayer la neige pour 25 cents de l'heure. La neige était alors évacuée dans des charrettes tirées par des chevaux. Sur cette photo non datée, on voit une charrue tirée par des chevaux. Photo : Musée McCord Puis la première souffleuse à neige pour déblayer les rues a été achetée par la Ville de Montréal il y a près de 100 ans, en 1928. Son inventeur, Arthur Sicard, est né en 1876 à Saint-Léonard-de-Port-Maurice, aujourd'hui connu comme étant l'arrondissement montréalais de Saint-Léonard. M. Sicard aurait été inspiré par l'observation d'une batteuse à grains dans un champ de blé. En 1925, il termine sa première machine et la nomme Des personnes pellettent la neige dans un camion à Montréal en 1939. Au début des années 1900, la ville a pris en charge le déneigement. Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec Fixé à l'avant d'un camion, le modèle original comprenait une pelle avec une vis sans fin et un ventilateur capable de souffler la neige sur plus de 25 mètres. Arthur Sicard vend ses premières souffleuses aux villes d'Outremont et de Montréal en 1927 pour 13 000 $ chacune. Montréal acquiert deux autres souffleuses de la firme Sicard en 1938. À cette époque, la ville commence également à utiliser davantage de chasse-neige motorisés pour déneiger les rues. Une souffleuse à neige Sicard dans les années 1950. Photo : George A. Driscoll/Bibliothèque et Archives nationales du Québec Les machines comprenaient Une brochure du gouvernement québécois datant de la même année décrit la machine comme un L'invention s'étant avérée efficace, Arthur Sicard est même considéré Après son décès en 1946, la rue Sicard porte son nom, à proximité de l'usine où étaient fabriquées les souffleuses. L'équipe qui a construit la machine à neige est à mon avis formée de grands héros canadiens et doit être récompensée. [...] C'est parce que Montréal avait besoin de modernité que l'invention est née. Cependant, l'essor de l'automobile a exercé une pression accrue sur les équipes de déneigement, les poussant à déblayer les rues plus rapidement. Une flotte de souffleuses à neige de Montréal en 1974. Photo : Archives de la Ville de Montréal En 1962, le directeur de la Ville de Montréal, J.-V. Arpin remarque que le défi pour les travailleurs est devenu immense, avec plus d'un million de personnes dans le centre-ville chaque jour, dont 350 000 circulant dans des voitures Aujourd'hui, ce défi s'est multiplié, avec environ 800 000 véhicules enregistrés sur l'île et une attente encore plus grande de pouvoir se déplacer rapidement en cas de mauvais temps. Pour sa part, Yves Laberge a déclaré qu'il est important de se rappeler à quel point nous avons lutté contre les tempêtes de neige dans le passé. D'après un texte de Benjamin Shingler, de CBC News
C'était un gros problème à l'époque, et il fallait plusieurs jours après une grosse tempête de neige pour revenir à une vie normale
, explique M. Laberge, qui a documenté l'histoire du déneigement au Québec dans le journal d'histoire Cap-aux-Diamants.La première souffleuse à neige en 1928

la déneigeuse et souffleuse à neige Sicard
.
13 000 $ chacune

une combinaison de grattoir, de convoyeur, de soufflerie, de tuyau de chargement avec un mécanisme approprié à entraînement hydraulique
, en témoignent les archives de la Ville de Montréal.monstre insatiable
capable d'envoyer de la neige à 23 mètres de distance.comme un génie qui a changé la relation de la ville avec l'hiver
, peut-on lire dans l'Encyclopédie canadienne.L'arrivée de l'automobile

Les automobilistes s'attendent à se rendre au travail le matin sur une chaussée nue après une tempête nocturne
, avait-il déclaré à l'époque.Les hivers ont toujours été un problème et nous, les Canadiens, avons toujours été capables de faire face aux tempêtes de neige, à la glace, au froid, aux hivers. Cela fait partie de nous
, conclut-il.
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